mayurishiina, cute, steinsgate

Vers beaux

La voiture avançait vite, et nous étions ballottés au gré des cahots de la route de campagne, en direction de Bruxelles.
À cette heure, nous étions probablement quelque part dans l'Oise, seules les quelques interventions du cocher nous renseignaient sur notre progression, et la dernière entendue indiquait la ville de "Pont Sainte Maxence". Dehors, il faisait nuit et la forêt, que seules quelques rares habitations coupaient, semblait défiler sans fin.
Je détachais mon regard du paysage, et le baissa sur le personne assoupie sur mon épaule, les cheveux désordonnés et le visage détendu.
Il semblait s'adonner à quelque rêverie, lorsque le véhicule s'arrêta brusquement, le réveillant en sursaut. J'entendais le cocher vociférer dehors, probablement contre un troupeau traversant au mauvais moment.
"- Paul, où en sommes-nous maintenant ?"
Le jeune homme me regardait maintenant, ses yeux encore endormis levés vers moi. Je me redressais, et il dut en faire de même.
"- Toujours en Picardie, quelque part au sud, je suppose."
Il prit un air déçu, qui me fit sourire.
"- Je n'ai pas osé te réveiller, lui dis-je, je savais que tu ne trouverais pas le voyage assez rapide."
"- Merci. Mais, ce n'est pas si grave que ça, je peux bien attendre..."
Il se détacha de moi, et prit un air rêveur.
"- Pouvoir enfin quitter Paris, ma famille, toutes ces responsabilités... Et, avec toi. Je n'aurais pu rêver meilleure issue. Je suis heureux que tu aies accepté, Paul. Vraiment."
Il passa une main dans ses cheveux bruns, et se tourna vers moi, dans l'attente d'une réponse, à laquelle je n'avais pu penser, absorbé dans la contemplation de cet être aimé, enfin si proche de moi.
"- Tu sais bien que pour moi aussi, c'est un rêve enfin réalisé. Je n'en pouvais plus d'entendre les plaintes continues de Mathilde, ou encore celles de Georges; je crois qu'en fait je n'ai jamais vraiment apprécié les enfants, et qu'en faire un apparaissait plutôt comme un devoir. Je suis aussi heureux de quitter tout cela, avec toi. Néanmoins, un billet pour me prévenir aurait sûrement été mieux, partir à l'improviste, comme un voleur..."
Son regard redevint sérieux, et se fixa sur moi, ses traits fins s'étant figés en une expression irritée.
"- Comment, tu regrettes d'être parti ?"
"- Non, ce n'est pas cela, je te l'ai dis, je suis..."
"- Tu aurais préféré rester à Paris, dans ton ménage désastreux, à continuer à te saouler chaque soir ?, me coupa t-il. Je suis venu ce matin pour te sauver, Paul. Faire une croix sur cette ancienne vie, sur tes fantômes, ceux de ton enfance, et peut-être même sur l'absinthe. Ensemble, on va tout recommencer, et vivre notre vie comme nous l'entendons, et ce sera bien, Paul, ce sera bien."
Son regard se radoucit, en voyant les larmes qui me montaient aux yeux.
Je tentais de balbutier quelques paroles d'excuses, la vue brouillée et les idées aussi.
Tout était allé si vite, étais-ce vraiment pour le mieux ? Bien sûr, puisqu'il le disait; cet homme avec qui il conversait depuis plusieurs mois maintenant, ce poète de génie, cet ami irremplaçable, cet amant inestimable.
"- Je... Je suis désolé, je ne voulais pas remettre tout cela en question, pardonne-moi."
Il se rapprocha de moi, et s'assit sur mes genoux, m'enlaçant, essuyant mes yeux.
"- Malgré notre différence d'âge, j'ai parfois l'impression que c'est moi le plus lucide d'entre nous deux, sourit-il. Allons, ne t'en fais pas, je t'aime, et je ne douterais pas de toi. Toi aussi tu m'aimes, n'est-ce pas, tu ne me feras jamais de mal ?"
Me ressaisissant, je l'attirais un peu plus contre moi, et lui embrassa la joue. J'étais si heureux d'avoir trouvé quelqu'un comme lui.
"- Non, bien sûr Rimbe, je t'aime aussi, je n'oserais jamais plus te nuire, de quelque façon qu'il soit."
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I don't wanna be alone



Finally, I was in the shower. I hopped the hot water would take my dark toughts away at the same time as all the dirt on my skin, but I just wanted to cry, to scream, to lie down or to hide somewhere, whatever.
Each time I blinked, I could see the scenes : The dying deer being taken away, the... beast, or even worst, I could almost feel its presence, right behind my back, ready to take me like it took the deer.
Tears were welling up again, and I hid my face in my hands.
What did I saw ?

I quickly dryed, putted my pajama on and got to my bedroom.
Jonathan was here, rolling out a sleeping bag.
He stared at me, and asked :
"- Better ?"
He seemed so concerned about me, his wrinkled eyes were shining with anxiety.
"- Yeah..."
I wasn't really sure of this answer, right now I just wanted to lie down under my blankets and cry.
The boy looked so anxious, like if he doesn't know what to do. It would have made me laught if I was in a normal mood, but... Tonight were not the good time.
"- If it's okay, I...I found that in the closet.. By the way, if it bother you, I... I can go home..."
The idea of being alone tonight hit me, and I quickly rejected this idea.
"- No no, I, I don't wanna be alone..."
Did I just speaked too... Weirdly ? No it's normal right, he understands, nothing awkward, I'm just scared and I need someone.
He smiled softly to my answer. To break the weirdness, I reached to my bed, and quickly got in.
I heard him trying to cover himself with the sleeping bag, and I felt quite bad for him. Is that right to force him to sleep on the floor ?
Is that okay to sleep with an other guy in my bedroom ? Was that like... cheating on Steve ? No of course no, nothing wrong with it, just sleeping, right.
I could hear him trying to breath as silently as possible, and one more time I felt bad for him. But whatever, he is a guy right, he is strong ?
I wrapped myself better in my blankets, and tried to focus on sleeping. It didn't lasted more than 30 seconds. Each time I closed my eyes, the same scene came back in my head.
"- Jonathan... Can you just come up here ?, I asked quietly. I... I just can't... Sleep alone..."
"- W-well, of course."
I heard him waking up and getting in my bed, as I realized what I just asked him. My mother would kill me if she knew. I hope I'm not being embarassing for him, and that-
"- You letting the lights turned on ?, he asked suddently, cutting my thoughts."
"- Yeah..."
Silence. I was glad he agreed to sleep with me tonight, I don't know what I would have done without anyone, alone in my bedroom, the forest where all took place right behind the gard-
"- You know, it can't get us here."
He was trying to confort me. Does I seem so worried ?
I turned myself, now... Facing him. He looked surprised at me, then blushed and seemed even more embarassed.
"- We don't know that. You haven't seen what this beast can do. What it looks like. What it could have done to me..."
Tears were now running on my cheeks. I couldn't have avoided it, so I tried to hide my face into my hand.
"- Nancy..."
His tone was now sad, as I felt his hand on my arm.
"- Hey Nancy, please just... Don't cry. Nothing will happen here. I am here. You... You're not alone. I can protect you."
"- ...Jonathan..!"
I couldn't help myself and I just let myself in this arms. I only heard a quick sight from him, and he hugged me, holding the back of my head against him.
"- Hey Nancy, don't cry, that's ok, we're ok now right ? Please don't cry..."
"- I...I'm so sorry Jonathan, I can't help you... This thing... I'm too weak Jonathan, I wish I could have helped you, but... This beast... Barbara... And Will..."
I bursted in tears, against him, while he was holding me and petting my head.
"- Hey Nancy, please don't say things you will regret later. We're here. I'm here."
After some minutes, I moved back, wiped my face and looked at him. He was staring at me, and his eyes were wet. Then gave me a gentle smile, and turned me back, avoiding my eyes.
"- ... Thank you Jonathan."
"- You're welcome. Now sleep, tomorrow will be an other day."
I lied down, and covered myself in my blankets, looking for sleep.
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Mayuri


"- Hé Mayuri."
Il pausa, fixant le vide. Puis, il leva les yeux et la regarda.
"- ...Ça fait longtemps pas vrai ?
Je sais, ça fait.. Vraiment longtemps qu'on s'est pas vus. Ne t'énerve pas, s'il te plaît. C'est juste que, avec tout ce qu'il s'est passé, j'ai pas eu la force... De voir la réalité en face, tu sais. C'est complètement lâche, mais, n'est-ce pas ce que j'ai toujours été ? Un gamin, s'inventant une vie, à base de rêves d'enfant. Je sais, tu m'as jamais vu comme ça et tu me verras sûrement jamais comme tel. C'est d'ailleurs ce qu'il y a de mieux chez toi Mayuri, j'ai l'impression que tu t'arrêteras jamais de me sourire, de me suivre dans mes... délires, de m'écouter. C'est totalement fou, et pourtant t'as toujours été là. Mais, t'es mon otage pas vrai ?"
Il avala sa salive, alors que des larmes lui montaient aux yeux.
"- Putain Mayuri, même ça j'ai pas réussi. J'ai pas réussi. Je t'ai mise en danger, à cause de ces putains d'expériences. Mon otage, hein ?
Moi, je t'ai vu comme une amie, mon amie, mon amie de toujours, Mayuri, ma Mayuri. Ma précieuse Mayuri."
Okabe sentait les larmes couler, fatalement. Sa voix tremblait, maintenant.
"- J'ai tout raté Mayuri. Ma vie. Notre vie. Mayuri j'ai tellement de regrets. Il y a tellement de choses que j'aurai voulu te dire. Et maintenant, voilà où on en est. T'es là, devant moi. Mais c'est trop tard maintenant.
Mayuri... J'ai tellement de regrets.
Il y a tellement de choses que j'aurai voulu te dire.
Tellement de choses que j'aurai voulu faire.
J'ai eu tellement d'occasions, pourtant. Tellement d'occasions putain.
Souvent, tu me prenais par la main, pour me lâcher quelques instants plus tard. J'aurai voulu la rattraper dans ces moments là. Je suis sûr que si je l'avais fais, tu m'aurais regardé, avec ce regard bienveillant que t'as tout le temps."
Il rit nerveusement, les larmes coulant toujours.
"- Oui, je me suis souvent imaginé cette scène. Je me suis souvent dis que je le ferai. Mais je l'ai jamais fais. Parce que je suis lâche. Parce que j'avais peur. Peur du rejet. Peur de briser notre amitié. Peur que tu ne me vois pas comme je te vois. Avec amour, Mayuri. Ne sois pas surprise, c'est...normal je suppose. Tu es tout pour moi."
Il ravala un sanglot.
"- J'aurai voulu te prendre par la taille. J'aurai voulu te serrer contre moi. J'aurai voulu être celui qui prend ta main. J'aurai voulu venir te chercher au lycée. J'aurai voulu te dire que je t'aime. J'aurai voulu... être à la hauteur."
Tomba à genoux.
"- J'ai pas su te protéger. Peut importe le nombre de fois où j'ai remonté le temps, où j'ai changé les événements, le nombre de lignes d'univers que j'ai traversé... Dans chacune d'elle Mayuri, je n'arrivais pas à te sauver. J'ai tout essayé Mayuri..."
Laissa tomber son bouquet de tournesol.
"- Je suis tellement désolé."
Leva les yeux, et regarda la photo. Souriante. Un rayon de lumière, dans ce cimetière, si triste.